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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 22:53
Balade et écriture au Domaine de Boudré

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ICI

Ici, c'est partout fouillis.

Ici, c'est partout caché.

Les étangs, le sentier, le tapis de bruyères sous les fougères...

Loin, les dames endimanchées de l'hippodrome ; loin, les allées de Versailles...

Ici, il n'y a qu'une nature de Province, au calme, bucolique... Les pins sentent la mer, les genêts flamboient leur jaune soleil. De gros nuages de coton s'étirent et paressent...

Ici, ce n'est pas la jungle urbaine, la jungle des cobras, des alligators... Au pire, quelques insectes volettent et piquent au soir venu. Au pire, le pied manque glisser entraînant dans sa chute le braconnier. Au pire, les mollets saignent en frottant une ronce. Au pire, un lézard vert traverse...

Loin là-bas c'est Jérusalem, les Guerres Saintes, Foulques Nera flagellé et saignant. Loin là-bas c'est le Brésil des anacondas. Loin là-bas la terre explose sa violence.

Ici, c'est partout caché.

Ici, c'est partout secret.

Il y a pourtant des gardes qui veillent : « Rendez-nous les châtaignes! », disent-ils aux maraudeurs. Les aulnes se prennent pour de fiers sapins. Nobles et roturiers restent à leur place.

Sur l'hippodrome de Boudré, les dames endimanchées et les roturiers...

… au violon !

 

Protéger l'hélianthème

Les champs ouvrent sur une porte...

Close

Le cœur se souvient des mots simples

Blancs

L'hélianthème...

Sous les traits rouges amers, les ors rutilants, les bleus glacés, les jaunes perfides, les verts acides...

Le blanc, le blanc, le blanc...

Protéger l'hélianthème...

Le rose timide, le bleu azur, le rouge palpitant, le jaune hésitant et tremblant... Le blanc, le blanc, le blanc...

L'espace ouvert des lacs d'eaux pures.

Anne Pauzet

Balade et écriture au Domaine de Boudré

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Il y a des cadeaux que l’on reçoit mais qui sont trop grands pour soi.

Dans ces cadeaux-là, il n’y a quand on les ouvre que quelques petits riens que l’on connait déjà.

On les accepte en se disant « Si on m’offre je prends, mais je vais en faire quoi ? »

Pas grave, on prend. En faire quoi ? Pas grave, on trouvera ou alors on vendra. On promet, oui, on s’en occupera.

Ce sont des cadeaux trop grands pour soi.

Et puis plus tard, une fois chez soi, on regarde mieux. On se dit « Bon, au fait, précisément c’est quoi ? Qu’est-ce qu’il y a là-dedans, ça peut m’apporter quoi ? » On regarde.

Il n’y a que l’eau des étangs et la couleur beige des chemins les entourant.

Il n’y a que les chants des oiseaux en haut des arbres, bla bla bla, tu m’en diras tant.

Il y a seulement sur la surface de l’étang un cygne ou deux attendant les poissons qui se cachent sous des éclats de diamants, lumière du matin, du soir, lumière de tout temps.

Ça m’apporte quoi ?

On regarde encore, on se penche et soudain on voit tellement de feuilles au vent, genêts, orties, aulnes, branches entrelacées comme des amants, courbant leurs formes pour boire à l’eau un frais baiser d’étang. En silence, tranquillement.

On sait. C’est un cadeau trop grand pour soi.

Kathy

Balade et écriture au Domaine de Boudré

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 Plus

A la forêt de Boudré,

Qu'est-ce qu'il n'y a ?

Il n'y a 

Pas de parcs d'attractions pour enfants,

Pas de constructions pour grandes personnes

Il n'y a 

Pas encore de stress,

Pas encore d'antidépresseurs,

Pas encore de course contre le temps.

 

Qu'est-ce qu'il n'y a plus ?

Il n'y a plus,

Il y a plus !

 

Sur le côté du chemin,

Quand je regarde vers l'eau à travers les buissons et les feuillages

Tout m'apparaît nouveau.

Il y a 

Plus que le ciel

Plus que l'eau.

L'arbre se reflète dans l'eau

Ses feuilles sont de petits cailloux

Qui dorment au fond de l'eau.

 Hé !  M’oublie pas, hein ? me dit ma forêt,

Souviens-toi que je te plus autrefois

Souviens t'en !

Souviens t'en.

 

Plus plus plus

Toujours « plus » !

°°°°°

Ne pas perdre

Le chant étouffé du coucou

A travers les barrières d'arbres

Le vent

A travers les branches

Le sable

A travers les doigts

                                                                       Anonyme

Balade et écriture au Domaine de Boudré

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Ici il n'y a que le frisottis de l'eau,

ici pas de paquebots ni de petits bateaux ni même de pédalos

Ici c'est la risée des camelots

Rien à se mettre sous l'chapeau

 

Ici il y a seulement une immensité comme celle de l'océan

le ciel et l'eau, l'eau et le ciel s'y reflétant dedans

et nous avec notre silence immense aussi, intense

nous dans la ronde de la Vie,  nous dans la danse.

 

Alors pourquoi quelque chose nous pince, nous lance ?

Pourquoi dans notre bouche quelque chose de rance ?

 

Ici il n'y a que le vol des cygnes dans l'air

ici, à part ça et quelqu'autres oiseaux, c'est plutôt désert,

quelquefois une montgolfière, comme hier

 

Alors pourquoi soudain dans ce ciel, des éclairs ?

Pourquoi soudain ce cœur gros comme une pierre ?

 

Ici il n'y a qu'hélianthème et bruyère

il n'y a que petits arbres farceurs

leurs racines s'amusant à vous mettre par terre

mais d'habitude c'est pour mieux parler à votre cœur

 

Alors pourquoi ne rions nous plus ?

 

La forêt, les oiseaux, les frisottis de l'eau, les sentiers, tout ça oublié ?

Une menace soudain de ne plus pouvoir  fouler terre

de ne plus pouvoir s'enfoncer dans la forêt, d'en longer seulement la lisière

une menace de rester au chevet d'une nature pillée assassinée.

Clodine.B

Balade et écriture au Domaine de Boudré

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Il est un endroit où des milliers d'oiseaux, qui ne vous  connaissent pas, vous offrent leurs plus beaux chants même si parfois certains restent invisibles.

Bien sûr il n'y a dans ce lieu que des étangs, des forêts, des chemins creux mais il y a pourtant une lumière donnant à vos yeux un éclat singulier.

Il y a encore les signes des nuages que chacun interprète à sa manière, et puis des sentiers vous invitant à les suivre dans le mystère des forêts. 

Il y aura toujours des étoiles qui brilleront la nuit pour éclairer  l'âme de ce petit point sur la planète qui ne veut pas mourir. 

Si vous en aviez le pouvoir, je suis sûre que vous protégeriez cet endroit où la magie vous approche tel le glissement sur le miroir de l'eau, de ce couple de cygnes venant, de tout leur grace, vous saluer.

Marie Thé H

Balade et écriture au Domaine de Boudré

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